Le Conseil Paritaire de la Publicité (CPP) participe au dispositif de régulation professionnelle de la publicité concertée avec la société civile, mis en place par l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP).
Le CPP est un lieu de dialogue et de travail qui réunit statutairement des représentants d’associations (de consommateurs, environnementales et sociétales) ainsi que des représentants de l’interprofession publicitaire (annonceurs, agences et médias). Sa mission principale consiste à être systématiquement consulté préalablement à la création ou à l’évolution des règles déontologiques du Code de l’ARPP des Recommandations de la Publicité.
Au-delà de cette mission, le CPP exerce également un rôle d’alerte auprès de l’ARPP vis-à-vis de problématiques émergentes, à la lumière de publicités diffusées.
C’est dans ce cadre que les membres du CPP ont relevé la diffusion croissante de contenus publicitaires en ligne qui visent notamment à promouvoir des produits d’investissement à haut risque émanant d’acteurs non régulés, en usurpant l’identité de personnalités publiques (journalistes, animateurs, experts) et/ou de titres de presse, et également de grandes marques
À l’initiative des représentants des associations membres, ce sujet a été inscrit au programme de travail du CPP.
Le CPP a engagé une réflexion approfondie sur le sujet, en échangeant avec les principaux acteurs concernés et a décidé, conformément à son règlement intérieur [1] , de produire la présente note sur les préoccupations partagées par l’ensemble de ses membres et d’alerter sur ce sujet préoccupant.
Constat
Les publicités concernées présentent un caractère trompeur, exposant les consommateurs à des risques financiers significatifs. De nombreuses situations d’arnaques avérées et de victimes ont d’ores et déjà été constatées.
L’influence délétère de ces contenus s’apprécie à plusieurs niveaux :
- désinformation du public ;
- risque d’importantes pertes financières ;
- utilisation illégale de l’image de personnalités publiques ;
- usurpation et/ou contrefaçon de titres et de marques de presse, de programmes audiovisuels, ainsi que de marques commerciales ;
- non-respect des règles déontologiques publicitaires et journalistiques.
À l’issue d’échanges avec des acteurs concernés, particulièrement avec des plateformes numériques, le CPP a pris acte des outils et procédures actuellement déployés. Il estime toutefois que ces dispositifs demeurent insuffisants pour lutter de manière effective contre la diffusion de publicités trompeuses et frauduleuses.
Ces publications constituent un préjudice majeur pour les consommateurs, pour les marques, les médias et les personnalités visés. Elles nuisent également à la crédibilité de tout le secteur publicitaire, à l’image tant de la publicité, que de celle des acteurs professionnels responsables, attachés au respect du cadre légal et déontologique dans lequel ils exercent leurs activités.
L’inaction ou les actions en deçà de l’importance de la situation sont préjudiciables à tous, aux consommateurs comme aux professionnels et, plus largement, à l’écosystème de la publicité.
Position et attentes
Dans ce contexte, le CPP appelle les plateformes à une implication renforcée et attend qu’elles s’engagent à :
- prévenir et intervenir promptement et efficacement contre la diffusion de publicités usurpant l’identité de personnalités publiques, de marques ou d’entreprises légitimes, ainsi que de publicités trompeuses susceptibles de conduire à des arnaques, notamment financières ;
- mettre en place des mécanismes permettant d’éviter toute récidive, en prévenant de nouvelles diffusions de contenus frauduleux ;
- déployer des mesures concrètes et des dispositifs à la hauteur des enjeux afin de lutter de manière effective et durable contre ce type de communications.
Le CPP appelle l’attention des pouvoirs publics sur les difficultés rencontrées.
Adoptée le 31 mars 2026
Paris, le 9 avril 2026

